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 (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]

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Hayden O'Gradyavatar

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MessageSujet: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' o/]   Mer 7 Juin - 14:42






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Type du sujet : [] Flash-Back [X] Présent
Date du rp : Début août 2017
Matin, après-midi, soir : début de soirée.
Météo (approximative) : pluvieux.
Statut du sujet : [] libre [X] privé
Le maître du jeu peut débarquer à l'improviste : [] oui [X] non
Commentaire : Mon 1er rp ici kyaaaa with Del'



@credits bazzart Ilyria & hedgekey

« Tu n'étais jamais parti aussi longtemps »
Ces mots résonnaient dans la tête d'Hayden, alors qu'il venait tout juste de rentrer chez lui, dans la maison de ses parents. Faites de pierres et ornées de magnifiques rosiers rouges, elle se trouvait à l'entrée du village de Kyngdon, comme si ses ancêtres avaient jugé bon que tout le monde devrait forcément passer devant pour l'admirer. A moins que ses ancêtres furent parmi les premiers à s'installer ici ? Il avait vu une fois par accident, en touchant simplement un mur lorsqu'il était plus petit, des bribes de souvenir qui appartenaient à l'un de ses ancêtres. Du moins, c'est ce qui était le plus probable. Mais il ne cherchait pas à comprendre ce qu'il voyait. Il ne voulait rien savoir du passé. Le passé ne faisait que le hanter et lui gâcher la vie. « Tu as encore maigri ? N'ont-ils rien à manger, là-bas ? » La mère d'Hayden, une femme encore tout à fait charmante, aux cheveux bruns coupés courts, détaillait son fils, inquiète. Hayden était revenu au village la veille, sale et épuisé, après deux longues semaines de travail et de trajets peu reposants. Oui, c'était vrai, il n'était jamais parti aussi longtemps de son village natal. Cela lui avait fait un bien fou. Il s'était senti si bien à dire vrai, qu'il s'agissait presque d'un nouveau départ. Revenir ici, entre ces murs, entendre sa mère lui poser toutes ces questions agaçantes, le ramenait inévitablement dans cette vie d'avant, celle dont les couleurs étaient ternes et le sens, vide. « Ils ont tellement de choses à manger, que tu ne saurais plus où donner de la tête. Mais je n'ai pas mangé depuis deux jours, je meurs de faim. C'est l'heure du dîner non ? » Aussitôt, tout le monde passa à table, heure du dîner ou non, que les autres membres de la famille aient faim ou non. Le père d'Hayden, à moitié somnolent dans son fauteuil de lecture, fut contraint de suivre la marche, non sans observer son fils du coin de l’œil. Il ne fit pas de commentaires sur ce qu'il remarquait, mais Hayden savait pertinemment qu'il viendrait plus tard le trouver dans sa chambre, dans le but de lui poser pleins de questions lui-aussi. Il voulait simplement éviter de le faire devant sa femme, un brin parano lorsqu'il s'agissait des agissements d'Hayden. Puis c'était son premier travail et il n'avait pas choisi le plus facile. En fait, la famille O'Grady n'avait aucune idée de ce que le métier de passeur impliquait, ni même en quoi il consistait. Encore moins pourquoi leur fils taciturne avait choisi de l'exercer. Et tout cela représentait quand même beaucoup de points à éclaircir.

Hayden, silencieux, entama son repas aussitôt servi. Il sentait les regards lourds de ses parents sur lui, qui faisait semblant de manger pour lui faire plaisir. Il était encore tôt, après tout. « Et sinon, tu es là combien de temps ? Tu dois repartir bientôt ? » demanda son père, faisant mine de ne pas y montrer trop d'intérêt. « Je ne sais pas trop... pas avant le mois prochain je suppose. Mais si le conseil repère un malheureux avec des pouvoirs, j'irais peut-être le chercher avant. » Son père lui lança un regard sévère, pourtant habitué aux sarcasmes de son fils sur la magie du Leatherland. Ses parents avaient très bien conscience de la souffrance quotidienne de leur fils par rapport à son don. Et ils regrettaient tous les jours qu'il n'en soit pas heureux. Mais le problème, c'était qu'Hayden avait la fâcheuse tendance de critiquer ouvertement la magie à qui voulait bien l'entendre. Ressentiment ou simple résultat de sa propre détresse, ses parents préféraient qu'il ne parle pas ouvertement de ce qu'il en pensait vraiment. Même à la maison. Hayden n'affronta pas son père du regard pour une fois et continua de manger comme si de rien n'était. Dans le fond, il aurait bien voulu être fier de son don. Mais le destin en avait décidé autrement. Il regarda par la fenêtre de la salle à manger lorsque des gouttes vinrent frapper doucement les carreaux. Il vit alors deux yeux verts l'observer. Shadow n'était jamais loin, comme d'habitude. Frustré de n'avoir pu accompagner son maître dans sa première aventure dans l'autre monde, il s'était montré particulièrement antipathique et asocial durant tout le temps de l'absence d'Hayden. Déjà que d'ordinaire il n'était pas des plus commodes, mais là, mieux valait faire un détour si on le croisait. Assis dehors derrière la fenêtre, il attendait patiemment qu'Hayden veuille bien venir lui parler. Habitué à leur relation tumultueuse, il ne s'offusquait plus de voir son maître l'ignorer plusieurs heures de suite. Avec les années, il comprenait Hayden mieux qu'il ne se comprenait lui-même et son indulgence à son égard était sans limite. Tout comme son amour. Mais n'était-ce pas le lot commun de tous les guides pour leur sorcier ? Ssssh, j'aimerais finir de manger , intima Hayden à Shadow pour qu'il taise ses pensées. Fais moi rentrer au moins. Il pleut, mon poil n'aime pas ça. Hayden se moqua aussitôt de lui Bouh, pauvre petit chat. Tu n'as qu'à pousser la porte, elle est ouverte. Shadow grogna, il aurait souhaité un peu plus de considération pour leurs retrouvailles.

Alors qu'il se mouvait avec grâce pour gagner la porte, Shadow s'arrêta en voyant arriver quelqu'un. Hayden ressentit aussitôt son agacement et comprit qu'il s'agissait sûrement d'une personne qui allait repousser un peu plus longtemps leur conversation. Qui est-ce ? La panthère ne voulut d'abord pas lui répondre et se montra carrément agressive plus l'inconnu approchait. Shadow, cesse tout de suite tes bêtises okay ? Quelques secondes plus tard, cachant ses dents non sans regret, son guide consentit à lui répondre. L'oiseau agaçant. Et la tornade. Hayden ne mit pas longtemps à comprendre que son guide parlait de Delvan. Cela faisait un sacré bout de temps qu'il n'avait pas prit le temps de le voir et de lui parler. Alors que sa mère ouvrit la bouche une nouvelle fois, il se leva, engloutissant les restes de son repas et buvant un peu d'eau. Voilà une échappatoire bienvenue, pensa Hayden en s'excusant auprès de ses parents, prétextant l'envie de prendre l'air. Il se précipita dans l'entrée, agrippant une veste au passage. Il entendit Shadow feuler de frustration derrière la porte, barrant la route probablement à Delvan. Levant les yeux au ciel, il ouvrit aussitôt la porte et donna une petite tape sur la tête de son guide pour qu'il arrête ses intimidations. Prenant sûrement son ami de court, il prit la parole le premier : « Oui, je veux bien sortir. Maintenant. Avec toi. Oh et salut Del', ça fait un baille. » Hayden fit aussitôt quelques pas pour s'éloigner rapidement de la maison familiale et fuir la pression ambiante.


Dernière édition par Hayden O'Grady le Lun 9 Oct - 10:35, édité 4 fois
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Delvan Sigorelavatar

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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Lun 12 Juin - 15:08


« Et voilàààà ! » Delvan était sur le point de se lever quand une petite main ferme se posa sur son crâne. « Non ! On avait dit qu’on mettrait des violettes, t’as oublié ! » « Même pas vrai ! Puis d’abord ça va pas avec les boutons d’or. » Il retint un soupir alors que le débat sur l’esthétique de la chose commençait. Il aurait dû avoir fini son boulot depuis un bon quart d’heure, mais personne n’était encore venu chercher les deux soeurs et elle ne connaissait pas le chemin pour rentrer seules ; c’était bien là un problème propre aux nouveaux arrivants. D’ordinaire ça ne le dérangeait pas. Il adorait les enfants et il n’allait pas se plaindre de passer un peu plus de temps en compagnie de quelques unes des nouvelles têtes dont il avait la charge. Le truc, c’est qu’il avait d’autres choses de prévues. « Ça va être moche ! » « C’est toi qui est moche, Lydia ! » La répartie enfantine parut efficace, comme il put en juger par l’air crispé de l’aînée. « Ce n’est pas très gentil, Marie. Ta sœur a passé du temps à me coiffer, c’est normal qu’elle ne veuille pas changer ce sur quoi elle a travaillé. » Première petite fille calmée. Il fallait encore s’occuper d’apaiser Marie, qui regardait maintenant les violettes qu’elle avait cueilli fixement, comme si elle allait pleurer à tout instant. « Mais tes fleurs sont très jolies aussi. Tu sais quoi ? J’ai une idée ! On a qu’à en faire une couronne pour Elisha. » Une victoire de plus pour le brun, et deux petites filles heureuses ! C’est ainsi qu’après un autre quart d’heure à apprendre à ses compagnons du jour comment faire une couronne de fleurs, il fut enfin libéré par l’arrivée d’une mère visiblement débordée.

C’est ainsi que, les cheveux en une multitude de tresses différentes attachées de façon plus ou moins logique et tapissées de boutons d’or, Delvan se mit en marche avec Elisha à ses côtés, lequel arborait une jolie couronne de violette passée autour de son long cou. Un look plutôt classique pour le garde-enfant. Tu sais, s’il revient, il finira par passer nous voir. Comme son guide l’avait remarqué, ils ne rentraient pas directement chez eux. Ça faisait quelques jours que Delvan effectuait le même détour une fois sa journée terminée. Tu veux dire quand il reviendra. Il n’était pas un grand fan du conditionnel, pas quand ça concernait le retour au village d’un de ses amis d’enfance. Hayden était indéniablement plus épanoui depuis qu’il avait trouvé ce boulot qui l’emmenait régulièrement dans l’autre monde ; Delvan aurait dû être stupide pour ne pas voir ça. Pourtant, il refusait l’idée farfelue d’Elisha selon laquelle c’était parce que le passeur n’aimait pas leur village. Qu’y avait-il à ne pas aimer ? Ils étaient une communauté soudée, non ? Tu veux dire ça aux idiots qui se disputent Roann depuis qu’il est chef ? Ils ne sont sans doute pas méchant. Juste… un peu maladroits dans leur façon de faire ? Le messager sagittaire ne prit même pas la peine de répondre à son sorcier : son optimisme et sa volonté de voir le meilleur en chacun l’agaçaient déjà, il n’avait pas besoin de sa naïveté en plus. Qu’il continue à croire que tout ce beau monde voulait juste l’amitié du chef de façon totalement désintéressée.

Celui-là, tu vas pas me dire que je le comprend juste mal et qu’il veut simplement des câlins et la paix dans le monde. Le plissement d’yeux du volatile était presque comique. Il faut dire qu’il n’était déjà pas enthousiasmé par leurs passages à répétition chez la famille d’Hayden, alors l’accueil un brin agressif de Shadow avait tendance à l’irriter. Et bien sur, ça avait le don de ravir Delvan. Non mais je parie que Hayden est là s’il réagit comme ça ! Avec un grand sourire de gosse, il continua son chemin sans ralentir, par vraiment impressionné par la panthère qui lui faisait le gros dos. « Salut Shadow. Qu’est-ce que tu fais dehors par ce temps ? » Il avait peu d’espoir d’avoir une réponse par l’intermédiaire de son propre guide vu le peu de cordialité qui caractérisait la relation des deux animaux, mais il se montrait tout de même poli. Ce qu’il récolta, en revanche, ce fut un feulement et l’impossibilité d’accéder à la porte d’entrée. Tu veux que je lui apprenne la politesse ? Sérieusement, c’était quoi leur problème d’agressivité ce soir ? Ce fut ce moment que Hayden choisit pour émerger de la maison de ses parents, au plus grand bonheur de Delvan. Il avait l’impression que ça faisait des mois qu’il était parti ! Bon, il exagérait, mais il n’aimait pas savoir son ami seul dans l’autre monde, pas plus qu’il n’aimait les explorations dans leur propre univers. Il y avait trop d’inconnus auxquels s’exposaient des gens à qui il tenait. « Oui, je veux bien sortir. Maintenant. Avec toi. Oh et salut Del', ça fait un baille. » De toute évidence, il débarquait au bon moment. Malgré la mauvaise humeur évidente de son ami, Delvan ne cacha pas son éclat de rire. Il le rattrapa en trottinant, son sourire fermement en place, ses sourcils haussés de façon suggestive. « Sortir ensembles ? Voilà quelque chose dont on n’avait pas encore discuté. C’est un rendez-vous galant du coup ? » Bien sur, il avait compté lui demander comment tout s’était passé lors de son voyage, mais il n’allait pas ignorer ce genre de perche. Après tout, jouer l’imbécile était sa spécialité. « Faut qu’on trouve quelque chose qui puisse t’épater alors ! Le genre de truc qui te fait comprendre que je suis un mec cool et spontané, mais que j’ai aussi un côté doux et que je pourrais prendre soin de toi... » Elisha fit un bruit de bec ressemblant bizarrement à un rire et un soupir mélangé. Autant pour le soutien de son guide. Loin d’en prendre offense, Delvan rit de nouveau. « Nan mais sérieusement, t’as besoin de te changer les idées ? » Parce qu’il s’attendait pas vraiment à retrouver Hayden le soir-même et qu’il n’avait rien de prévu, mais que se lancer dans des bêtises plus grosses que lui pour divertir ses proches, c’était quelque chose dont il était toujours capable.

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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Sam 17 Juin - 11:27




Shadow n'aimait pas lorsque Hayden avait de la visite. Cela lui enlevait du temps qu'il pouvait passer avec lui et ces moments n'étaient pas si fréquents que ça. Surtout depuis son nouveau et premier travail. A la question de Delvan il se contenta de s'ébrouer et de grogner rapidement sur Elisha. Lorsque son maître fit son apparition, l'espoir n'était plus permis. Il devrait attendre, encore. Blessé dans son amour-propre, il grogna une dernière fois dans leur direction avant de s'éclipser. Il n'avait nullement l'intention d'accompagner Hayden après avoir été mit sur la touche. Son maître était une vraie tête de mule qu'il était parfois difficile d'aimer. Mais pouvait-on resté longtemps fâché contre lui ? La réponse était non. Et c'était bien ça le problème.

Hayden regarda la panthère s'éloigner doucement. Il eut un petit pincement au cœur en le voyant agir ainsi. Mais il n'était pas encore prêt pour leur conversation. Il n'était pas prêt à voir les yeux de Shadow confronter les siens pour qu'il lui avoue tout ce qu'il ressentait. Il pouvait parfois lire dans ses pensées les plus sombres et c'était plutôt effrayant. Comme un double de soi-même, sous forme de gros chat noir et paresseux. Hayden lâcha un petit rire lorsque Del' évoqua le fait de sortir ensemble. « Je t'avoue que je n'avais même jamais réfléchi à la question... Tu veux du coup ?» Nouvel éclat de rires. Delvan était un beau garçon, mais il était avant tout son ami d'enfance. L'imaginer de cette façon avait quelque chose d'étrange... et de particulièrement drôle. Le délire se poursuivit sur quelques mètres de plus. C'est que Delvan arrivait presque à le gêner d'un coup ! Mais Hayden n'était pas du genre à se laisser avoir si facilement par les entourloupes de son ami. Puis, la crédibilité de Del' était proche de zéro avec les fleurs qu'une fillette probablement, lui avait emmêlé dans ses longs cheveux. Les gosses pouvaient vraiment lui faire n'importe quoi. « Il n'y a pas plus cool que toi ici Del'... tu peux faire des tornades quand même. Mais tout ce que je vois, là tout de suite, c'est que tu voudrais me mettre des fleurs dans les cheveux. C'est la porte ouverte à trop de romantisme. J'ai besoin qu'on laisse mes cheveux tranquille tu comprends ? Tu es définitivement pas assez viril, mec.» Petit moment de solitude après avoir prononcé ces derniers mots, un peu comme si un jour, il avait pu y réfléchir et se dire que Del' ne ferait effectivement pas l'affaire. Alors qu'à aucun moment il ne l'avait vu autrement que comme un ami ! « Je suis trop gêné d'avoir dit ça», ajouta Hayden, ne pouvant s'empêcher d'éclater de rires plus longtemps. Del' avait le don de le mettre dans des situations improbables. Il était impossible de s'ennuyer avec lui et son optimisme l'emportait souvent sur ses idées noires.

« Nan mais sérieusement, t’as besoin de te changer les idées ? ». Retour à la vie au Kyngdon. Hayden, par réflexe, rangea ses mains dans ses poches. L'envie de rire s'estompa aussi vite qu'elle était arrivé. Il dû soudain lutter quelques instants contre son envie de rester seul. « Mmh... je suis harcelé de questions depuis mon retour. C'est chiant. Comme s'ils pouvaient comprendre, de toute façon. » Un banc en pierres fut choisi par Hayden pour se poser. Il pouvait toujours voir sa maison de là, ils ne s'étaient pas beaucoup éloignés. Il s'imaginait très bien ses parents à la fenêtre en train de les observer, discutant entre eux de leur fils si compliqué et si secret. Il lâcha un soupir. Il avait envie de fumer maintenant. Un truc plus fort qu'une cigarette. Mais il ne sortit qu'une cigarette. Il avait le sentiment que Del' ne tolérait pas autre chose qu'une simple clope. Tant pis pour le précieux air de Delvan qui s'en trouverait pollué. Il aurait peut-être même le droit au claquement de bec désapprobateur d'Elisha. Mais il s'en moquait. Tout comme il se moquait d'être revenu ici, d'être revenu dans ce village de malheur. Del' ne pouvait sûrement pas se douter de l'ampleur du mal être qu'Hayden ressentait à l'égard du Kyngdon. Pour lui, cela devait être un endroit merveilleux. Qui sait, peut-être que ça l'était vraiment lorsque l'on maîtrisait un pouvoir que l'on aimait. Mais pour Hayden, ce n'était que son village d'enfance où il avait passé le plus clair de son temps à se cacher et à se morfondre. Dire que maintenant il osait quitter les frontières du village pour visiter les autres villages. Dire que maintenant, il pouvait visiter l'autre monde. Le monde normal. Un monde qui lui semblait tellement plus plaisant que celui où il était né. « Et toi alors ? Qu'est-ce que j'ai manqué ? Toujours autant de mioches à te courir après pour jouer au loup ? ». Les aventures de Delvan avec les enfants, c'était toujours quelque chose. Hayden venait parfois le voir à la pause. Mais il ne pouvait pas rester longtemps. Les enfants étaient des êtres imprévisibles et joueurs. Il ne pouvait pas côtoyer de près sans risques des petites boules d'énergie prêtes à vous sauter à la figure à tout moment. Alors il repartait comme une ombre, un peu comme s'il n'avait jamais vraiment été là. L'histoire de sa vie, en gros.
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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Dim 18 Juin - 19:09


« Mais tout ce que je vois, là tout de suite, c'est que tu voudrais me mettre des fleurs dans les cheveux. C'est la porte ouverte à trop de romantisme. J'ai besoin qu'on laisse mes cheveux tranquille tu comprends ? Tu es définitivement pas assez viril, mec.» Delvan retint son éclat de rire, trop heureux de faire durer le léger silence pour permettre à son ami de se rendre compte de ce qu’il venait juste de dire exactement. « Je suis trop gêné d'avoir dit ça. » L’éclat de rire qui suivit était tout ce qu’il y a de plus spontané pour le brun : rien que l’expression faciale de Hayden valait le détour ! Comme le prouvait les fleurs coincées dans ses longs cheveux et son attitude plutôt sans prise de tête du quotidien, l’instituteur n’était pas de ceux qui iraient lire plus loin que ça dans ce genre de paroles. Il appréciait juste réussir à divertir la présente compagnie. « Ouais. J’arrive pas à croire que tu remettes ma virilité en cause ! » Il chassa les quelques tresses qui pendaient au dessus de son épaule droite d’un geste de main volontairement maniéré pour ajouter à l’effet théâtrale de son ton. « On peut être viril et prendre soin de soi, Hayden. » Il tint sa moue dédaigneuse une ou deux secondes avant de rire de bon coeur de lui-même. Pas de doute, l’autre jeune homme lui avait terriblement manqué.

Il déchanta pourtant vite. « Mmh... je suis harcelé de questions depuis mon retour. C'est chiant. Comme s'ils pouvaient comprendre, de toute façon. » Le changement soudain d’humeur de Hayden le contamina efficacement, ajouté à cela la légère déception de l’avoir rappelé à ses soucis. « Je vais t’épargner les miennes du coup. » Il souriait toujours, mais c’était plus pour ne pas accabler Hayden qu’autre chose. Il se laissa tomber sur le banc en pierre. Ce n’était pas l’idée qu’il avait de leurs retrouvailles : lui, il était pas doué avec les mots, pas vraiment le confident idéal, loin d’être à l’aise avec les problèmes des autres. Son domaine d’expertise était tout autre ; il était le prince des blagues idiotes et autres jeux de mots, l’ambassadeur des défis stupides, voire même insolites, la terreur des tables de billard. Il n’était qu’action, Delvan. Rester immobile, sous la pluie, sans pouvoir rien faire que d’écouter son ami déverser sa tristesse, c’était une petite torture. Car, comme l’avait dit Hayden, il pouvait pas comprendre. C’est pourtant simple, depuis le temps que je te le dis ! Il aime pas le village. Si Elisha s’était éloigné pour ne pas avoir à subir la fumée de cigarette, il restait assez proche pour suivre la conversation. Il n’aimait pas laisser son sorcier seul, de peur de le retrouver lancé tête la première dans une nouvelle bêtise. Arrête tes bêtises. Il est juste fatigué et un peu déprimé par la pluie. L’oiseau se permit enfin un autre claquement de bec désapprobateur, que ce soit pour l’idiot qui refusait de voir la vérité en face ou l’autre qui s’empoisonnait de nicotine. Pas un pour rattraper l’autre.

Une chose que Delvan savait faire, en revanche, c’était parler de ses gosses. « Je commence enfin à trouver un peu plus mes repères avec les nouveaux venus. Quand je vois à quel point les enfants de l’autre monde sont dépaysés alors que plus on est jeune plus on est supposé réussir à s’adapter, je me demande comment font les adultes ! Ces gens ont beaucoup de courage de changer d’univers et d’abandonner tout ce qu’ils connaissent derrière. » Il aurait pu continuer sur sa lancée, mais soudain les paroles d’Elisha revinrent le hanter. Même si la théorie de l’oiseau était stupide, Delvan préférait ne pas parler de ce genre de choses avec son vieil ami, juste au cas où. Il ne voulait pas que Hayden apprenne ce que son guide s’était inventé et qu’il ait l’impression que l’instituteur essayait de le convaincre de rester. Il n’avait pas besoin de le convaincre puisque le passeur n’avait jamais songé à quitter définitivement le Kyngdon. N’est-ce pas ? « J’espère au moins aider les gamins à se sentir plus intégrés et rassurés. Et ça a l’air de marcher donc tout va bien ! » Il eut un nouveau sourire, plus taquin. « Il faut croire qu’eux voient ma virilité. »

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Dernière édition par Delvan Sigorel le Mar 4 Juil - 23:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Ven 30 Juin - 23:40




Hayden observa son ami du coin de l’œil, lorsqu'il réalisa que Delvan avait probablement des questions, lui-aussi. « Je vais t’épargner les miennes du coup. » Ce n'était pas les questions de Del' qui lui faisaient peur. C'était celles de ses parents. C'étaient celles de Shadow. Néanmoins, essayer de parler de tout ça maintenant, non, il ne s'en sentait pas capable. Alors mine de rien, il fut reconnaissant de voir son ami respecter son besoin de souffler et de se poser cinq minutes, au calme. Même sous la pluie et sur un banc de pierre inconfortable. Pas facile de fumer avec cette météo, d'ailleurs. Hayden lâcha l'affaire au bout d'une minute passé à la rallumer. Puis il écouta son ami lui raconter ses aventures avec les nouvelles têtes du Kyngdon. L'attention d'Hayden était élevé, car lui-même n'osait pas les approcher alors qu'en réalité, il en mourrait d'envie. Maintenant qu'il lui avait bien fallu avoir un minimum d'interaction avec ceux ramené par la brèche, peut-être qu'il trouverait le courage de changer ça. De se montrer aimable plutôt que dissuassif dès lors qu'il sentait des regards curieux posé sur lui. Il redoutait terriblement d'avoir à répondre à la question, ô combien prioritaire des nouveaux habitants : Et toi, c'est quoi ton don ? Enfin, il n'était pas obligé de dire la vérité, pas vrai ? Cela lui rappellerait le bon vieux temps. Le temps de l'enfance où il pouvait courir et jouer avec Del' en faisant mine d'être comme lui. Un enfant de l'air. « [...] Ces gens ont beaucoup de courage de changer d’univers et d’abandonner tout ce qu’ils connaissent derrière. » A ces mots, Hayden regarda Delvan d'une étrange façon, sans même qu'il s'en aperçoive. L'instituteur ne réalisait pas qu'il avait mit le doigt sur ce qui obsédait Hayden depuis qu'il travaillait. Depuis qu'il avait pu voir l'autre monde. A la place de capter l'attention de son ami, c'est Elisha qui lui rendit son regard. Il sait, pensa brièvement Hayden, avant de détourner les yeux, troublé. Et s'il sait, il en aura probablement touché un mot à son maître. Leur conversation prenait soudain un nouveau tournant, bien plus compliqué qu'il ne l'avait imaginé au départ. Lui qui voulait simplement passer du bon temps avec un vieil ami...

« J’espère au moins aider les gamins à se sentir plus intégrés et rassurés. Et ça a l’air de marcher donc tout va bien ! » La gentillesse de Del'. Ce mec était adorable. Souvent, Hayden se disait qu'il ne méritait absolument pas cette amitié. Combien de fois se montrait-il irascible et morose dans ses mauvais jours ? Combien de fois avait-il repoussé la compagnie de Del' lorsque, sentant une crise d'angoisse venir, il prétextait ne pas se sentir bien et le besoin de rester seul ? Pourtant, il était toujours là. Il ne se décourageait jamais. Il était un vrai ami lui. Pouvait-il en dire autant ? Qu'avait-il fait pour lui au juste, depuis tout ce temps ? Hayden se supportait de moins en moins lorsqu'il était au Kyngdon. Là encore, alors qu'ils se retrouvaient après plusieurs semaines sans se voir, il ne disait pas toute la vérité à son ami le plus proche. « Il faut croire qu’eux voient ma virilité. » Un sourire, forcé. Il avait envie de pleurer, tout à coup. Il ne voulait plus être le Hayden que Delvan connaissait. La personne instable et même parfois, méchante. « Si tu veux tout savoir...», commença Hayden avant de s'interrompre aussitôt. Par quoi devait-il commencer au juste ? Voulait-il vraiment embarrassé le joyeux Delvan avec ses cas de conscience ? C'était vraiment dur de se confier à quelqu'un. « Si tu veux tout savoir, là-bas les hommes peuvent porter du rose, un tas de bijoux, se maquiller et se coiffer pendant des heures, sans que ça ne choque personne. C'est la mode, il paraît. Il s'enlève même tous les poils. Alors désolé hein, mais si ce sont les codes de la virilité pour eux, il est clair que ces gamins voient en toi le mâle par excellence. » Grand sourire moqueur et petite pirouette pour brouiller les pistes. Hayden se releva du banc par peur de se prendre un coup. Il était plutôt fier de son tour de passe-passe, mais il ne sentait pas mieux pour autant, malgré le sourire sur son visage.

La pluie allait en s'aggravant, alors il proposa assez vite de rentrer chez lui et de continuer leur conversation dans sa chambre. Sur le chemin, Hayden repensa à quelque chose d'amusant, qu'il voulait partager avec son ami. Puis comme ça, il était à peu près sûr d'éviter les questions dérangeantes. « Tu me parlais d'intégration tout à l'heure, eh bien figure-toi que j'ai reçu un cadeau. Ils appellent ça des téléphones. Un gars que j'ai ramené m'a donné le sien lorsqu'il a vu que ça ne fonctionnait pas ici. Si tu les voyais, là-bas ! Ils parlent et ils s'écrivent grâce à ces trucs, même s'ils sont séparés par des kilomètres ! » Hayden ouvrit la porte d'entrée de la maison des O'Grady pour faire entrer son ami. Ils seraient bien mieux au sec et la chambre du garçon se trouvait suffisamment isolé pour continuer une conversation entre mecs à l'abri des oreilles de ses parents. « Oh et puis faut que je te raconte aussi, continua t-il de plus en plus enthousiaste, ce qu'ils appellent des clés U... ubs, heu, le nom m'échappe mais ils m'ont assuré que l'on pouvait y garder de la musique et que lorsqu'elle s'active, on peut les écouter. Je ne sais pas si ça fonctionne ici, il faudrait que je me renseigne lors de mon prochain passage. » Plus Hayden parlait de ses découvertes, plus il s'animait et oubliait où il se trouvait. Et plus il se trahissait.

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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Mer 5 Juil - 0:15


« Si tu veux tout savoir...» Comme ça sonnait bien, ce début de phrase, aux oreilles de Delvan. Il était venu ici pour entendre son ami parler de son dernier voyage, pour rattraper le temps perdu et se faire une idée de ce que devenait sa vie dans ce monde si différent du leur, pas pour exposer sa propre routine. Alors oui, il le faisait quand même avec le sourire. C’était de Delvan dont on parlait : il ne manquait jamais d’enthousiasme, encore moins quand il s’agissait de parler des enfants qui peuplaient son quotidien ou tout simplement de changer les idées à quelqu’un. Il n’allait pas mettre la pression au brun. Et il était heureux de voir que sa patience était récompensée. Ou du moins c’était ce qu’il pensait avant que Hayden s’interrompe, puis ne reprenne rapidement, mais certainement pas par ce qu’il avait prévu de dire à la base. Ça ne te fait rien de voir qu’il ne te dit pas tout ? Il ignora la voix dans sa tête pour mieux prêter attention à ce que son ami racontait. Et franchement, il pouvait comprendre. Après tout, lui aussi ne disait pas tout : il ne disait pas quand sa mère lui manquait à lui en couper le souffle, pas plus qu’il ne disait quand il réalisait de nouveau que jamais Philie ne retrouverait la confiance dans les autres qu’elle avait enfant, ou qu’il se laissait abattre par une énième déception amoureuse. Alors oui, il voyait l’attrait de se concentrer sur le positif, de taquiner quelqu’un et de s’efforcer de rire pour laisser le reste de côté. C’était ce qu’il faisait depuis qu’il avait neuf ans et une petite soeur inconsolable à ses côtés. « Hé ! Je te signale que j’ai du poil au menton, moi ! S’il y a un modèle de virilité à leur sauce dans le coin c’est bien toi, mon vieux ! » Et parce qu’il ne pouvait pas appuyer ses propos d’un coup d’épaule taquin parce que l’autre s’était lâchement levé du banc, il se contenta d’extraire une fleur de sa chevelure pour la lui lancer au visage. Il n’avait décidément pas envie de forcer Hayden à se confier à lui.

Comme les gouttes d’eau ne semblaient pas vouloir leur accorder de répit, au contraire, les deux compères reprirent le chemin de la maison familiale des O’Grady, leurs pas rythmés par l’anecdote de Hayden. « Si tu les voyais, là-bas ! Ils parlent et ils s'écrivent grâce à ces trucs, même s'ils sont séparés par des kilomètres ! » Et c’est vrai que ça avait quelque chose de fantastique, ce monde que Hayden lui faisait découvrir. Rien que de s’imaginer avoir besoin de tels moyens pour communiquer laissait entendre des distances que Delvan ne pouvait se représenter, pas avec sa petite vie rangée au Kyngdon. « Il faudrait qu’on perce leur secret alors ! Je suis sûr que ta famille serait bien moins embêtante lors de tes retours s’ils pouvaient te contacter aussi facilement. » Ce n’était pas une remarque méchante loin de là, juste l’enthousiasme de son copain d’enfance qui commençait à le gagner lui aussi. Si t’as décidé de t’émerveiller de tout et n’importe quoi, moi j'me met au chaud. Et sans plus de cérémonie Elisha réinvesti sa plume, mis de mauvaise humeur par la candeur de son sorcier, l’odeur de nicotine qui trainait sur ses plumes et la pluie. Qu’importe, Delvan savait pertinemment qu’il continuerait de suivre la discussion et d’y aller de son petit commentaire occasionnel si l’envie se faisait sentir.

L’instituteur enleva ses chaussures trempées à l’entrée, soucieux de ne pas trop salir les sols de la demeure. C’était le genre de gestes irréfléchis, de réflexes d’enfant qui trouvaient les parents de ses amis terrifiants quand il se faisait gronder. « Oh et puis faut que je te raconte aussi ! » Cette fois, le sourire de Delvan était parfaitement sincère. C’était rare de voir Hayden aussi excité à propos de quoi que ce soit et, quel qu'en fut la raison, il était obligé d’apprécier ça à sa juste valeur. Ça faisait si longtemps qu’il avait à cœur de voir l’autre brun aussi épanoui que lui-même qu’il ne se rendait même pas compte que seul l’autre monde lui procurait ce sentiment et de ce que cela pouvait laisser entendre quant à ses sentiments vis-à-vis de leur propre village. Quand ils rentrèrent enfin dans la chambre du passeur, il ne se fit pas prier pour s’asseoir sur le lit, complètement à son aise dans ce qui était pour lui un territoire bien familier. « De la musique, vraiment ? Comment ils peuvent faire ça sans instruments ni rien ? » Et sans magie, même. Pour lui, ça ressemblait à un joli conte de fée bien éloigné de la réalité physique des choses. « En tout cas, si ça marche ici, tu as intérêt à me ramener ça la prochaine fois ! Tu imagines ? C’est comme si tu avais ton petit orchestre privé disponible à tout moment ! » Pour un moment, Delvan était de nouveau un gosse aux yeux brillants d’émerveillement ce qui, il faut l’admettre, n’était pas un grand changement par rapport à son état normal, mais apportait tout de même une légèreté bienvenue à ces retrouvailles. Il poussa finalement un soupir envieux. « Ça a vraiment l’air bien différent de la vie ici. » Pas qu’il échangerait sa vie pour rien au monde, merci bien.

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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Mar 18 Juil - 11:14




« Il faudrait qu’on perce leur secret alors ! Je suis sûr que ta famille serait bien moins embêtante lors de tes retours s’ils pouvaient te contacter aussi facilement. » Hayden secoua la tête alors que Delvan évoquait cette idée. Il ne voulait pas rester en contact avec ses parents pendant son travail. Il ne voulait pas garder le Kyngdon dans un coin de sa tête, alors qu'il rêvait d'un autre endroit pour s'épanouir. Il voulait oublier, oui, tout oublier de cette vie qu'il avait au Leatherland et qu'il avait fini par détester. La faute à qui ? Plutôt à quoi. Hayden observa ses mains un instant. Il n'aimait pas ses mains. Elles étaient la source de la plupart de ses maux. Il ne pouvait toucher personne sans se sentir coupable. Il hésitait même à toucher des objets qu'il ne connaissait pas. Alors qu'il mourrait d'envie de toucher. Cette sensation avait pourtant un trop grand goût d'interdit et de risque pour qu'il y prenne plaisir. Il avait passé une adolescence isolée, enfermée, craignant la moindre petite chose, la moindre personne. Il lui semblait que c'était hier encore, alors qu'à vingt ans, il avait enfin eu un peu de répit. Un peu comme si son don avait fini par se résigner un peu, devant tant de résistance de sa part pour le contenir. Non, plutôt pour le voir disparaître. Hayden serra les poings, discrètement, sans prendre la peine de répondre à son ami. Il n'y avait plus rien à dire à ce sujet et de toute façon, Delvan risquait de le prendre pour lui s'il lui disait qu'il ne voulait pas entendre parler de sa famille et du Kyngdon pendant les semaines où il en était loin. « En tout cas, si ça marche ici, tu as intérêt à me ramener ça la prochaine fois ! Tu imagines ? C’est comme si tu avais ton petit orchestre privé disponible à tout moment ! » Hayden lâcha enfin un autre sourire. Il se posa à côté de son ami sur son lit, ramenant ses pieds en tailleur. « Ouais, j'aurais enfin un bon prétexte pour rester enfermé des heures dans ma chambre. Ils ont plein de genres de musique différents, ils utilisent même des sons que je ne connaissais pas. Enfin, j'ai pas pu vraiment écouter. Juste vite fait, entre deux passages. » C'était vrai, il avait à peine pu mettre les pieds dans l'autre monde, finalement. Il n'avait pas pu visiter beaucoup la ville de Cork, pas encore. Mais il espérait le faire bientôt. Peut-être même qu'il pourrait voyager plus loin, pour chercher quelqu'un. Le métier de passeur offrait beaucoup de possibilités. Peut-être même qu'il pourrait y rester plusieurs jours de suite, s'il partait vraiment loin ? Hayden ferma les yeux avant de déglutir difficilement, comme s'il était coupable d'avoir eu cette pensée.

« Ça a vraiment l’air bien différent de la vie ici. » Hayden rouvrit les yeux, brusquement. Est-ce que Delvan lançait délibérément une perche pour qu'il la saisisse et se livre ? Il avait soudain le cœur qui battait la chamade. Non, ce n'était peut-être pas ce qu'il croyait. Il regarda Elisha, qui donnait l'impression de dormir, la tête bien au chaud dans ses plumes. C'était peut-être un coup de l'oiseau ? Mais non, Delvan n'avait pas besoin de lui pour aller à la pêche aux infos. S'il voulait savoir un truc, il avait ce don de le faire de la façon la plus innocente possible, ce qui avait pour résultat qu'on n'y voyait que du feu, la plupart du temps. Hayden se détendit un peu. Il voulait savoir alors ? Il était son ami, après tout. Un ami fidèle, qui ne l'avait jamais lâché, même dans ses moments les plus sombres. Son meilleur ami, finalement. « Ce n'est pas juste différent, Del'. Ils ne se sont pas arrêtés en chemin, comme nous. Ils ont continué d'évoluer et de progresser, pour non pas subir le monde qui les entoure, mais pour en tirer toutes les ressources à leur avantage. Ils ne s'embarrassent pas de la magie ! Ils n'ont pas besoin de magie pour vivre...pour être heureux. En cela, ils ont tout comprit. » Il s'interrompit pour s'allonger sur le lit, les yeux au plafond, les cheveux collés sur le front à cause de la pluie. Il avait décidé de s'ouvrir, au risque de se faire détester par son ami le plus proche. L'opinion d'Hayden sur la magie n'était un secret pour personne, mais il évitait tout de même de le dire à certaine personne, pour qui, il en était sûr, la magie était un don précieux. Il ne voulait pas blesser la sensibilité de Delvan à ce sujet. Il supposait que c'était un sujet qu'il valait mieux éviter, avec lui. Il avait ce pouvoir incroyable après tout. Celui du vent. Celui de la liberté. « C'est... c'est l'avenir, Del'.» reprit-il à demi-voix, regardant toujours le plafond. Affronter le regard de Delvan était au dessus de ses forces pour le moment.

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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Sam 29 Juil - 11:45


Elisha, d’ordinaire, il ne s’embarrassait pas de scrupules ou de fausse modestie pour rabâcher à son sorcier qu’il avait eu raison et qu’il aurait dû l’écouter plus tôt, devrait même toujours l’écouter. Seulement, là, ce n’était pas le moment. Au lieu de bomber fièrement le torse ou au moins d’émettre un petit bruit de gorge satisfait, il enfouit un peu plus sa tête dans ses plumes. Il y avait des sujets sensibles pour Delvan. Quoi qu’il en dise, l’oiseau n’aimait pas voir le grand gamin dont il avait la charge autrement qu’insouciant et souriant. Il ne voulait pas voir la mine songeuse qu’il prenait en écoutant Hayden se livrer, pas plus que le léger froncement de sourcils alors qu’il finissait par comprendre de quoi il s’agissait depuis le début. Delvan avait l’air sérieux et fatigué, une combinaison si rare chez lui que le guide avait presque l’impression d’avoir affaire à un étranger. Ce n’était pas le cas : derrière toute sa bonne humeur, sa simplicité et son optimisme, le sorcier était bel et bien un adulte qui avait surmonté ses propres épreuves. « C'est... c'est l'avenir, Del'. » Del, il n’était pas d’accord, mais ça importait peu, pas vrai ? Il resta silencieux, un moment de trop sûrement, luttant contre le noeud qui se formait dans sa gorge. « Elisha avait raison. » C’était un murmure, plus destiné à ses propres oreilles qu’à celles de Hayden. Quand il reprit la parole, ce fut plus fort, même si son ton était aussi hésitant, aussi perdu. « Tu veux partir. Putain, t’as pas l’intention de revenir, hein ? » Il ne pouvait pas le juger, il n’en avait pas le droit, pas alors que son ami trouvait enfin un endroit où il se sentait bien, mais bordel ça faisait mal. Parce que si Delvan avait une hantise, c’était de voir ceux à qui il tenait s’en aller. Son père, il ne l’avait pas connu, perdu dans une exploration alors qu’il était trop jeune pour s’en souvenir. Sa mère, en revanche, il ne s’en rappelait que trop bien, ainsi que les mois de maladie qui avait précédé son décès. Puis il y avait Philie, sa petite sœur chérie, douce et rêveuse, enfouie sous une colère qui lui collait au cœur et dont elle n’avait aucune envie de se débarrasser. Il avait aussi cru perdre Cahira quand elle s’était lancée dans une expédition, juste pour la retrouver traumatisée par des pertes qu’elle ne s’expliquait pas elle-même. Maintenant, c’était le tour d’Hayden. Et ce n’était pas pareil, pas vraiment ; Hayden n’était pas sa famille, mais suffisamment proche pour que ça blesse. S’il y avait une leçon dans la vie de Delvan, c’est que personne ne restait bien longtemps.

Pourtant, Delvan, malgré tout ce que les gens pensaient de lui, il n’était pas suffisamment puéril pour refuser à son ami d’enfance un peu de bonheur. « Vu comment tu parles de leur monde, c’est sur que tu seras heureux là bas. C’est peut-être pour le mieux. » Malgré cet essaie à une nouvelle assurance affichée, ses yeux glissèrent vers Elisha. Il avait besoin d’un peu de soutien, ou même de remontrance parce qu’il n’exprimait pas ses sentiments sur le sujet, quelque chose qui lui donnerait une idée de quelle conduite il devrait adopter. L’oiseau restait silencieux, la tête sous l’aile, comme s’il dormait. Tu donnes ton avis sur tout, mais quand j’ai besoin de toi tu restes muet ? Tu te fous de moi, El ! Pas de réponse. Le guide estimait qu’il y avait des moments où le sorcier devait se débrouiller seul, en particulier quand il se tournait vers lui dans l’espoir puéril qu’il lui donne la marche à suivre afin qu’il n’ait pas à réfléchir, juste à obéir. Ça ne marchait pas comme ça, encore moins quand il s’agissait de se confronter à une peur si profondément ancrée. Delvan eut un soupir fatigué. « Ça ne te débarrassera pas pour autant de ta magie Hayden. » C’était dur à dire, mais il avait besoin d'être sûr que l’autre jeune homme savait parfaitement dans quoi il mettrait les pieds, plutôt que de juste suivre un rêve irréalisable de se libérer de son pouvoir. « Et avec eux, tu ne pourras pas expliquer ton don. Tu ne pourras pas compter sur les gens pour garder leurs distances avec toi. » Ça avait au moins ça de bon de vivre dans un petit village que les gens apprennaient vite à vivre les uns avec les autres et à respecter plus ou moins les particularités de chacun. Delvan se redressa, arrêtant de fixer le mur opposé des yeux pour finalement se tourner vers Hayden et chercher à capter le regard de son ami. « Je veux pas te dissuader. Je veux juste que tu fasses attention à toi, ok ? »

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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Mar 8 Aoû - 15:47



Hayden cessa de respirer un instant, maintenant que la faute était avouée. Il entendit le murmure de Delvan dire que son guide avait raison, sans être vraiment sûr de l'avoir entendu. Un regard en biais vers l'oiseau ne pu confirmer ou infirmer, il avait l'air de dormir profondément. « Tu veux partir. Putain, t’as pas l’intention de revenir, hein ? » Le cœur d'Hayden loupa un battement, ses mains devinrent soudain moites. Il éprouvait tout à coup une profonde envie de mentir à son ami, mais il n'avait pas fait tous ces efforts pour reculer de deux pas. Il n'empêche que l'entendre était terrifiant. Avait-il envie de partir ? Pouvait-il l'affirmer avec certitude alors qu'il n'avait finalement qu'à peine effleurer l'autre monde ? « Je... Je ne sais pas. Pas encore.» Il se redressa sur son lit pour mieux regarder Delvan. Il réalisait à quel point l'un et l'autre s'était attaché, au fil des ans. Puis, un ami d'enfance, ce n'est pas rien. C'est quelqu'un qui vous connait bien, qui vous a vu évoluer, en bien ou en moins bien, mais qui reste tout de même à vos côtés. Voulait-il vraiment perdre son ami si précieux ? Bien-sûr que non. Mais il ne s'agissait pas de ça. Il aimait sa famille, il aimait son entourage, quoique les gens puissent en penser parfois. Il aimait son guide, aussi. Il sentit une boule se former dans sa gorge. Il serra les poings pour s'empêcher de pleurer. Ce n'était pas eux qu'il voulait abandonner, c'était la personne qu'il était ici. Au Leatherland. Il avait envie de le hurler à tous, d'hurler à quel point il trouvait injuste d'avoir hérité d'un don qui impliquait de se montrer si intrusif dans la vie des autres. Il ne voyait aucune utilité à son don. Il n'y trouvait même pas un intérêt minime, car pour lui, le passé n'avait pas a être exploré. Il ne servait à rien de vivre dans le passé. Il avait soif d'avenir. « Vu comment tu parles de leur monde, c’est sur que tu seras heureux là bas. C’est peut-être pour le mieux.» Hayden cligna des yeux, faiblement. Delvan essayait déjà de le rassurer, alors qu'il souffrait encore de ce qu'il avait dit. Il essayait de croiser son regard mais son ami semblait se raccrocher au mur d'en face pour le moment. « Peut-être... je n'ai aucunes certitudes pour le moment... » Quoi de mieux que le job de passeur pour cela ? Evidemment il était hors de question d'avouer à qui que ce soit ses réelles motivations. Il avait trop peur de subir des réactions négatives ou d'être renvoyé. Delvan serait le seul au courant pour l'instant. Même s'il avait décelé chez certains passeurs cette même soif de découvertes, Hayden était quasi certain d'être le seul qui se prenait à imaginer une vie définitive là-bas.

« Ça ne te débarrassera pas pour autant de ta magie Hayden. » Qu'en savait-il au juste ? Hayden se renfrogna tout en comprenant pourquoi il disait ça. Il s'empêcha de répliquer, préférant écouter plutôt que de contester pour une fois. Puis il en avait déjà assez fait non ? Pauvre Delvan, il voulait sûrement passer simplement du bon temps avec lui et assouvir sa curiosité sur son nouveau travail. Au lieu de ça, il avait eu le droit à une session confidences sur le lit encore défait d'Hayden. Mais il eut toutes les peines du monde à ne pas exploser lorsque son ami mit le doigt sur le vrai problème : sa magie et les autres. Déjà à fleur de peau et encore épuisé du voyage, Hayden se sentit bouillir et aussi, au bord des larmes. Encore. Oui peut-être que ça ne changerait rien, mais il avait besoin de se raccrocher à un espoir. Même un petit. Même un irréalisable. Même si cela signifiait tout laisser derrière lui et agir de façon égoïste pour enfin essayer de trouver le bonheur. « Rhaa, tais-toi sérieux Del'. J'suis à ça de chialer déjà, alors... s'il te plaît.» Il donna un coup de pied dans sa table de nuit, tant pis pour la sieste d'Elisha. Au moins Delvan trouva enfin le courage de le regarder à nouveau dans les yeux. « Je veux pas te dissuader. Je veux juste que tu fasses attention à toi, ok ? » Encore Delvan et son grand cœur. Et dire qu'il trouvait parfois des prétextes pour pas le voir, lui et sa chevelure en fleurs. Mais que faire lorsqu'on ne se supporte pas soi-même ? Comme en ce moment. « Je sais que tu penses à moi. A mon bien. Et que moi, je ne suis qu'un égoïste à la recherche d'une putain de vie meilleure.» Hayden essaya d'inspirer doucement pour calmer ses nerfs. Il n'était pas en colère contre Delvan. Il était en colère contre le monde entier, comme d'habitude. Et il détestait devoir faire du mal à son ami en lui faisant part de son projet, qui d'ailleurs, ne ressemblait pas à grand chose pour l'instant. Mais ce projet grandissait et il n'arrivait pas à se le sortir de la tête. Il ne pouvait l'ignorer plus longtemps et sans doute que les personnes le plus proche de lui l'avait senti. « Je suis désolé Delvan. C'est la première fois que je peux en parler avec quelqu'un. Je ne sais pas si ce que je fais est bien ou pas. Je sais juste que je dois le faire pour pas rester enfermé dans cette chambre pour toujours.» Mais dans le fond, je suis terrifié, voulut-il rajouter avant de ravaler ces dernières paroles au dernier moment. Cet aspect-là ne concernait que lui et sa propre détermination à aller au bout... ou à finalement renoncer. Mais il n'en était pas encore là. Il devait d'abord affronter le jugement de son ami. Qui sait, peut-être que cette fois, Delvan ne trouverait pas la force de le comprendre.
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MessageSujet: Re: (Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]   Mar 15 Aoû - 22:53


Delvan accusait encore le coup, essayant de son mieux de s’adapter à une révélation qui, à ses yeux et malgré les nombreuses remarques de son guide, venait de nulle part. C’était comme si son univers bien rangé était soudainement chamboulé et il peinait à trouver un sens à tout ça. Le seul truc encore logique qu’il pouvait faire, c’était s’assurer que son ami avait bien réfléchi à son projet, qu’il ne se retrouve pas seul à faire face à une trop grande déception. « Je sais que tu penses à moi. A mon bien. Et que moi, je ne suis qu'un égoïste à la recherche d'une putain de vie meilleure. » Il fronça les sourcils et poussa sur l’épaule du brun avec son poing, dans un léger geste de reproche. Hayden n’était pas égoïste. C’était lui, présentement, qui agissait comme un gosse, à tout ramener à lui-même et à sa peur de l’abandon. Bien sur que son ami ne faisait pas tout ça simplement pour le laisser derrière, il le savait, comme il savait pertinemment à quel point il vivait mal son don, sa malédiction qui lui collait à la peau. Hayden n’avait pas le choix : il se devait de chasser l’espoir là où il pouvait l’apercevoir. « Arrête de dire des bêtises tu veux. Le jour où tu arrêtes de chercher à être heureux, c’est le jour où je vais vraiment me fâcher, compris ? » Il méritait le bonheur, après tout, au moins autant que ceux qui l’avaient déjà à portée de main. Et si Delvan ne comprenait pas toujours le fardeau qu’était la magie de Hayden, il avait depuis longtemps décidé d’assumer le rôle d’ami compréhensif et encourageant. Il avait fait ce choix dès qu’il s’était avéré que le garçon avec qui il jouait, courait à en perdre haleine et s'entraînait n’était en fait pas un enfant de l’air, comme lui. Il l’avait fait parce qu’il n’avait jamais accepté de laisser tomber une si bonne entente pour si peu.

Ça tombait bien, parce qu’un ami dans le genre c’était apparemment exactement ce dont l’autre jeune homme avait besoin en ce moment. « Je suis désolé Delvan. C'est la première fois que je peux en parler avec quelqu'un. Je ne sais pas si ce que je fais est bien ou pas. Je sais juste que je dois le faire pour pas rester enfermé dans cette chambre pour toujours. » Si l’idée de voir Hayden partir dans cet autre monde était toujours loin de le réjouir, même maintenant qu’il avait résolu de mettre ces propres appréhensions de côtés, ça le rassurait un petit peu de savoir qu’il avait encore le statut de confident privilégié. Ça enfonçait un peu la honte de sa propre réaction enfantine, certes, et c’était un peu vaniteux, mais ça faisait du bien de ne pas perdre ce statut. C’était cependant diablement refroidi par la constatation de deux choses : Hayden était perdu et malheureux, et Hayden, malgré ce qu’il en disait, était bien résolu à essayer cette nouvelle vie de l’autre côté de la brèche. « C’est pour ça que tu as pris le métier de passeur, non ? Avoir le temps d’observer et de te faire un avis un peu plus réfléchi sur la question. Si c’est ce qui te rendra heureux, fonce, mais attend d’en être sûr, ou au moins d’avoir un plan pour trouver un travail et un endroit où vivre. Je voudrais pas te savoir à la rue.» Delvan, il ne semblait pas être de ceux qui prennent le temps de se poser avant une décision. Bien sûr, il était l’éternel gamin optimiste et fonceur, l’idiot qui ne voyait pas le mal là où il se cachait où se plaisait volontiers à l’ignorer. Il y avait de ça, c’était vrai. Mais il y avait aussi quelqu’un d’assez responsable pour veiller sur des enfants de tous âges et, plus important, un enfant qui avait depuis longtemps appris à mettre les besoins de sa petite sœur avant les siens. Alors oui, quand ça ne concernait que lui, il était impulsif, et c’était ce que les villageois avaient le plus souvent l’occasion de remarquer. Pourtant, quand une autre personne était concernée, il savait faire preuve de discernement, au plus grand étonnement de certains. « Tu devrais demander aux nouveaux venus s’ils ont de la famille dans l’autre monde qui serait prête à t’accueillir si tu décides vraiment d’aller y vivre, non ? Ce sera plus facile pour t’acclimater »

D’un autre côté, Delvan s’était aussi quelqu’un qui n’aimait pas particulièrement parler de sentiments et qui se sentait bien inutile quand il était question d’écouter les états d’âme de personnes de plus de douze ans. « Bon, je suis content que tu te sois senti assez à l’aise pour me dire ça, et tout ce qui va avec, mais on est sensé avoir une soirée retrouvailles entre amis, là, Pas faire un roman larmoyant ! Allez viens, je te paie un verre à la taverne si tu veux. » Il y avait de nouveau cette étincelle enthousiaste dans le regard du brun et son petit sourire qui indiquait que la nuit était encore jeune et qu’ils avaient tout le temps de faire des bêtises. « Un des nouveaux habitants à accepter d’y laisser un jeu appelé baby foot en échange de verres gratuits. Je te parie ce que tu veux que je te met la pâtée ! »

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(Maison des O'Grady) Faute avouée, à moitié pardonnée ? [Del' \o/]

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